UNIVERSITÉ AZAD ISLAMIQUE
Unité Centrale de Téhéran
Faculté de Langues Étrangères
Mémoire
En vue de l’obtention de la maîtrise
En langue et littérature françaises
Sujet :
La littérature féministe, du Moyen-Ȃge au XXe siècle
Sous la direction de :
Mme le Docteur Maryam Soudipour
Profersseur conseiller :
Mme le Docteur Shahla Haéri
Présenté par :
Sara Shakouri Bakhtiar
2015
Au nom de Dieu
Je tiens d’abord à remercier ma directrice de recherche Madame le Docteur Maryam Soudipour pour la confiance qu’il a bien voulue m’accorder en acceptant de diriger ce travail de recherche, pour sa disponibilité et ses encouragements, ses conseils et ses remarques pertinents qui m’ont été d’une grande aide.
Je remercie aussi mon professeur conseiller Mme le Docteur Shahla Haéri pour ses compétences en la langue française, pour son courage et sa gentillesse d’avoir lu et relu ce travail, pour ses conseils infiniment précieux, et à qui je voue une vive reconnaissance.
Je remercie infiniment Madame le docteur Néda AtashVahidi qui a bien voulu juger ce travail.
Le sommaire
La littérature féministe est un terme donné à un genre littéraire inspiré par les experiences des femmes; la notion qui met accent sur les différences entre les hommes et les femmes mais aussi entre les femmes elles-mêmes; Il ne s’agit pas de différences biliogiques mais plutôt sociales et culturelles. Cela dit, ces experiences se distinguent définitivement par les époques et les conditions historiques.
Au XX siècle les femmes entrent de plus en plus dans le monde littéraire mais comment elles étaient au XVII siècle? Étant donné que la comparaison des oeuvres féminines est très vaste, nous avons décidé de limiter cette humble recherche en faisant la comparaison entre les deux cas de La Princesse de Clèves et Du Côté de chez Swann, deux oeuvres qui appartiennent à deux époques différentes. L’une rédigée par une femme écrivain, et l’autre par un auteur qui montre une image de l’amour inspiré par une femme.
Explorant les deux œuvres c’est bien évident que l’amour et la jalousie sont le deux thèmes principaux. Donc, dans le premier chapitre nous avons étudié la naissance de l’amour dans La Princesse de Clèves et Du côté de chez Swann, et en comparant les différentes situations chez les personnages principaux de ces auteurs, nous avons distingué les différences qui existent entre ces deux œuvres qui, chacune appartient à une époque : l’une au XXe siècle, et l’autre au XVIIe. Etant donné que la jalousie est liée à l’amour, nous avons consacré le deuxième chapitre de notre humble recherche à l’étude de ce sentiment, à connaître son aspect négatif ou positif dans la vie des deux personnages essentiels. Toutes les deux œuvres ont une fin tragique, donc le troisième chapitre de notre travail est consacré à analyser le dénouement dans ces deux œuvres.
Introduction
Pour une femme, « écrire » était toujours un moyen pour renverser l’ordre social : elle entre ainsi dans un domaine qui lui est interdit ; pourtant elle a toujours écrit. Même si on lui a fixé des conditions, elle a écrit de sa plainte d’être la mal mariée, de la chronique du quotidien, de sa délicatesse du coeur et des déchirures de sa passion.
Au XXe siècle, les femmes entrent de plus en plus dans le monde littéraire ; mais comment elles étaient au XVIIe siècle ? Étant donné que la comparaison des oeuvres féminines est très vaste, nous avons décidé de limiter cette humble recherche en faisant la comparaison entre les deux cas de La Princesse de Clèves et Du Côté de chez Swann, deux oeuvres qui appartiennent à deux époques différentes. L’une rédigée par une femme écrivain, et l’autre par un auteur qui montre une image de l’amour et de l’art.
Rien ne peut être plus fort ou plus beau qu’une relation réussie avec les autres. En effet, rien de plus fort, de plus puissant qu’une relation d’amour, ou qu’une indéfectible amitié. Pourtant il est sûrement difficile d’aller vers les autres, de réaliser une vraie rencontre. Et qu’est-ce que l’amour ? Comment pourrions-nous définir le mystère de l’amour ? Nous allons déchiffrer le mystère de cette passion destructive chez Odette, dans la défaite de Swann, dans le fameux Un amour de Swann, en le comparant avec une œuvre célèbre de Mme de La Fayette, La Princesse de Clèves, rédigée au XVII e siècle.
 Un amour de Swann, récit court et indépendant du reste de l’œuvre, constitue la deuxième partie de Du côté de chez Swann, et est souvent publié séparément. Proust y délaisse la première personne, le personnage principal étant Charles Swann, bien qu’on ne puisse douter qu’il soit un alter ego de l’auteur.
L’amour de Swann, l’homme le plus élégant de sa génération, l’amateur délicat et supérieurement intelligent, pour une femme sans valeur et dont il n’aime même pas le type, est analysé dans un récit plus ramassé que les autres récits de Proust. Un Amour de Swann est d’une très grande importance dans l’œuvre, car ce récit est destiné à présenter un modèle de l’amour qui, de l’aveu même du narrateur, devait avoir une influence particulière sur l’idée que celui-ci allait se faire de l’amour, et par suite sur sa conduite en amour. On y trouve aussi le premier tableau comique du ” petit clan ” des Verdurin, qui sont de riches bourgeois.
Madame de Lafayette est née à Paris, en 1634, sous le nom de Marie-Madeleine Pioche De La Vergne. Elle reçoit une solide éducation littéraire qui l’amène à être nommée fille d’honneur de la reine Anne d’Autriche à l’âge de 16 ans. Elle fréquente assidûment les salons précieux, dont La Princesse de Clèves porte inévitablement les marques, l’inspiration, et le vocabulaire.
Puis, son mariage avec le comte de Lafayette la propulse dans la haute noblesse.
La Princesse de Clèves fut publié de façon anonyme en 1678,ce qui attise les polémiques. Cette œuvre connaît immédiatement un vif succès : il étonne, surprend, provoque, dans les salons mondains, des débats passionnés autour de la peinture des sentiments amoureux.
Madame de Lafayette n’affirmera jamais publiquement être l’auteur de cet ouvrage, mais elle l’avouera à demi-mots dans une lettre adressée à l’un de ses conseillers. Elle a été influencée par deux courants d’idées. D’une part, on reconnaît, dans les réactions des personnages qui parcourent le roman, la Préciosité, mouvement initié par des femmes, qui revendique le droit au respect et prône le raffinement du langage et des manières. D’autre part, amie de La Rochefoucauld, dont la participation à l’écriture du roman est probable, Mme de La Fayette est marquée, comme lui, par la pensée janséniste par ses fondements religieux : celle-ci préconise des valeurs morales strictes, allant jusqu’au sacrifice de soi. Tout au long du roman, la jeune femme va en effet s’illustrer par sa fermeté face aux tentations de sa passion réciproque pour M. de Nemours. Les dernières lignes du roman achèvent alors les épreuves : après la mort de son mari, la princesse de Clèves avoue son amour à Monsieur de Nemours, puis se retire du monde à tout jamais. Ce dénouement attendu revêt en tout point les caractéristiques d’un dénouement de tragédie : la princesse, telle une héroïne
tragique, se trouve face à un dilemme dont elle ne trouvera l’issue qu’à travers la mort (ici symbolique- la mort au monde).
Il est difficile de dire à quel genre littéraire appartient ce roman.Mais la romancière considérait cette œuvre plutôt comme une « mémoire ». Quoi qu’il en soit, on ne peut nier la dimension historique qu’il revêt, et qui s’impose tout au long du récit, notamment par plusieurs digressions, rendant sa lecture parfois un peu contraignante. Précisément documenté, le récit est en réalité un mélange habile de différents genres existants, considéré comme un chef-d’œuvre de la préciosité classique.
Mais comment est né l’amour chez Swann et Mme de Clèves ? Le premier chapitre de notre travail sera consacré à la naissance de la passion et de l’amour chez les deux personnages principaux de Proust et de Mme de La Fayette.
Aux yeux de Swann, l’amour n’est ni qualités physiques exceptionnelles, ni qualités intellectuelles. C’est l’art qui va précisément venir au secours d’Odette et jouer le rôle d’adjuvant puisqu’il va apporter l’aide en agissant dans le sens du désir de Swann. L’art et la vie ne font qu’un. Car pour Proust, la vraie vie c’est la littérature. Et si nous devions nous en tenir à cette leçon proustienne, alors nous dirions qu’il faut mêler l’art et la vie afin de la transfigurer et de l’illuminer.
On voit dans l’œuvre de Proust la cristallisation de l’amour qui existait chez Stendhal. Mais avec cette différence que Stendhal matérialiste, voyait la passion d’un mauvais œil, tandis que Proust a élaboré une philosophie de l’amour ancrée sur l’angoisse et le chagrin. Le sentiment amoureux vient d’un manque, d’une absence ou de l’impossibilité de posséder l’être aimé. Pour Stendhal le moteur de l’amour c’est l’espoir, tandis que pour Proust c’est l’angoisse. Chez l’auteur de la Recherche il y a quelque chose de très fort à propos de l’inachevé. Car, si l’amour détrône la beauté, si l’être amoureux retrouve soudain, pour le monde qui l’entoure, un intérêt jusque-là insoupçonné dans l’amour, la présence n’est qu’une modalité de l’absence. Marcel n’a jamais été aussi amoureux d’Albertine qu’au moment de son évasion, donc de son absence. L’amour pour l’autre, ou pour son énigme… Mais la rencontre réelle est – elle là-dedans ? Peut-être demeure-t-elle dans cette suspension au-dessus du vide. Et c’est ce vide que les amants cherchent éternellement à effacer, sans jamais y parvenir… on peut alors parler de vertige… vertige de l’amour inspiré de l’incognito de l’amour, de la distance et du mystère de l’autre.
Swann ne pense pas que sa relation avec Odette fut une erreur. Il l’aima sa chère Odette, mais, et tout l’intérêt de la pensée proustienne à propos de l’amour est là, par la médiation de l’art. Il va transfigurer, voire illuminer une personne, au départ banale, à partir d’une œuvre ou d’une référence à un personnage qu’il admire dans une œuvre. C’est un acte quotidien qui, au fond, est réalisé par beaucoup d’entre nous.
Certes, la passion ne rajoute rien à l’être aimé. Mais en réalité Proust redessine la passion amoureuse justement à partir d’une relation triangulaire, c’est-à-dire une médiation par l’art, et le désir mimétique. A partir de là, l’amoureux divague, agit comme un homme ivre, mais ne délire pas. La réciprocité n’est pas la vérité de l’amour pour Proust, c’est un mirage ou un malentendu. Alors, oui, il y a bien toujours une erreur, voire une confusion à penser que l’être aimé l’est pour ce qu’il est. Il est toujours gratifié de vertus sublimes, de qualités fantasmées par celui qui l’aime, à partir du désir mimétique. Et avec Proust, la sortie est par le haut. L’art vient magnifiquement transfigurer et illuminer l’être ordinaire, qui, au moment d’une première rencontre, avait pu laisser l’autre de glace.
Quant à La Princesse de Clèves, c’est le roman de tous les amours. Amour conjugal, amour galant, amour de la gloire, amour du pouvoir, amour de la liberté, amour du secret, amour de la vertu, d’autres encore. Amours vécus chaque fois sur un mode intense. Quel amour, dans ce roman, se vit en douceur? Tous s’exaltent, aucun n’est sage. Toujours il leur faut la gravité du risque et l’ivresse de l’urgence, si âpres sont les rivalités, si orgueilleux les cœurs, si implacables les échecs, et si brève la vie.
La galanterie constitue le thème central de ce texte qui dresse un portrait de la haute société, de ses règles de bienséance et de son langage raffiné.
Les intrigues galantes sont nombreuses, le thème de l’apparence est très présent, et l’amour est représenté sous toutes ses formes et à tous ses stades : amour naissant, passionné, désintéressé, idéal, impossible, interdit, non partagé… ; mais toujours il finit mal, teinté de jalousie et d’infidélités.
L’histoire se déroule à la cour du roi Henri II, à la fin de son règne. Mademoiselle de Chartres est une jeune fille de seize ans que sa mère élève avec beaucoup de rigueur. Sur les conseils de cette dernière, elle s’est engagée à un mariage de raison avec M. de Clèves, qui fut immédiatement séduit par elle sans même la connaître et en tomba follement amoureux. Il ne fut d’ailleurs pas le seul à être touché par son incroyable beauté, objet de toutes les conversations à la Cour. Toutefois, M. de Clèves se désole que les sentiments de sa jeune épouse à son égard n’aillent pas au-delà de l’estime, et soient dénués de passion.
Un jour, lors d’un bal au Louvre, Mlle de Chartres rencontre le duc de Nemours, un homme charmant, précédé par sa réputation de Don Juan. Frappé par sa beauté et sa douceur, il s’éprend immédiatement d’elle, au point de renoncer à ses maîtresses ainsi qu’à ses espoirs d’accéder à la Couronne.
Étant donné que la jalousie est un sentiment lié à l’amour. Il serait nécessaire d’étudier ce sentiment qui pourrait être négatif ou positif. Comment est la
naissance de la jalousie dans ces deux œuvres ? Le deuxième chapitre de cette humble recherche sera consacré à l’étude de la jalousie chez les personnages principaux de Proust et de Mme de La Fayette.
 La jalousie est une émotion secondaire et représente des pensées et sentiments négatifs d’insécurité, de peur et d’anxiété concernant une perte anticipée de valeurs personnelles qu’un individu perçoit. La jalousie est un mélange d’émotions comme la colère, la tristesse, la frustration et le dégoût. Mais on ne doit pas la confondre avec l’envie.
On sait que, chez Proust, dans les relations amoureuses, la jalousie occupe une place essentielle, car selon cet écrivain, il n’y a pas chez lui d’amour qui ne soit accompagné comme son ombre, d’une jalousie dévorante qui le ronge et le détruit petit à petit.Comme la jalousie est considérée comme une passion, donc elle est une affection du corps et, en même temps, une idée de cette affection. Ainsi, elle peut se décrire et s’analyser selon l’attribut « Etendue » et selon l’attribut « Pensée ». Une telle simultanéité de vue est effectivement employée par Proust tout au long de son œuvre ce qui apparaît avec évidence, que ce sentiment existait dans le cas du couple formé par  Swann et Odette de Crécy dans « Un Amour de  Swann ».
Dans la jalousie, à divers niveaux, interviennent des sentiments d’amour et des sentiments de haine, amour et haine pour l’aimée, haine pour le rival, et, comme chacun de ces affects est constitué d’une affection corporelle et d’une idée de cette affection, ils font de la jalousie un sentiment très complexe qui soumet le jaloux à de nombreuses et douloureuses variations d’états de joie et de tristesse, que Proust décrit fort bien, à la fois au niveau des affections corporelles, donc dans l’attribut Etendue, et à celui des idées, dans l’attribut Pensée.
Proust est un grand écrivain qui sait bien comment décrire ces situations, en particulier, dans le cas de la jalousie de Swann à l’égard d’Odette, il réussit de façon magistrale à décrire le mouvement des images et les fluctuations des idées qui les accompagnent, pour constituer ce « Flottement de l’âme » entre amour et haine envers Odette et haine envers les rivaux supposés, comme le comte de Forcheville. Proust nous fait bien sentir que ce mouvement est simultanément un passage d’une plus grande à une plus petite puissance d’être et d’agir, dans la mesure même où les affects de joie et de plaisir se dissolvent dans des sentiments de tristesse et de douleur.
Reste que la jalousie repose entièrement sur les représentations imaginaires du jaloux et non pas sur une connaissance vraie des choses, mais que ces imaginations procèdent nécessairement de la personnalité du jaloux, en
l’occurrence ici Swann et qu’en tant qu’idées, elles recèlent quelque chose d’adéquat, quelque chose de vrai. Et c’est la découverte de cette vérité qui doit permettre au passionné de transformer son sentiment.
Au XVIIe siècle, la jalousie existait non seulement dans le domaine de politique, mais dans celui de l’amour aussi. Mme de La Fayette a montré ce sentiment dévorant et destructif surtout dans La Princesse de Clèves, en mettant en scène des personnages qui étaient jaloux dans leurs relations amoureuses.
Lorsque peu à peu, Mlle de Chartres se découvre des sentiments pour le duc de Nemours qui semble l’aimer avec force et sincérité, sa mère, qui est sur le point de mourir, lui conseille vivement de ne pas céder à cette passion qui la ferait tomber au rang des autres femmes et anéantirait sa réputation. Mlle de Chartres, qui se sent seule, perdue, et vulnérable face à ses sentiments, s’interdit de voir M. de Nemours et s’évertue à concentrer son cœur et son esprit sur son mari, en vain. Pourtant, de plus en plus troublée par le duc, elle décide de taire ses sentiments, de dissimuler sa peine derrière le prétexte du deuil de sa mère, et de le fuir le plus souvent en se retirant à la campagne. Si elle ne peut contrôler ses sentiments, elle tente de contrôler ses actes au maximum, même si elle se trahit involontairement à certaines occasions. Ce désordre entre les passions existe tout au long du roman et avec la lutte qui se fait contre deviennent deux
des thèmes principaux du roman. Après l’aveu de Mme de Clèves à son mari, et la retrouvaille d’une lettre dans ce même épisode, naissent les jalousies, et désormais les situations du roman seront troublées : le prince de Clèves meurt de jalousie, se croyant trahi ; la princesse devient jalouse des amants du duc de Nemours, chevalier de Guise sent de la jalousie envers M. de Nemours.
Alors comment se termine les deux romans ? Le dénouement est-il heureux ou tragique ? Dans le troisième chapitre de notre travail nous allons voir comment est la fin du récit dans chaque roman.
Dans Un amour de Swann la vérité est la question centrale de l’œuvre. C’est aussi la question centrale de La Recherche. C’est pourquoi on peut dire que l’aventure de Swann est le reflet de l’ensemble de l’œuvre de Proust. Aimer, c’est chercher à découvrir la vérité de l’autre, et l’objet réel du désir, c’est bien au-delà de la possession, c’est sonder le mystère d’une personnalité. L’amour aussi a des rapports complexes avec cette réalité que Swann ne peut pas voir. Les représentations d’Odette, même si elles sont illusoires ou mensongères, peignent sa psychologie individuelle. Dans les multiples et contradictoires esquisses d’Odette, Swann est plus proche de la vérité qu’il ne l’était dans son premier jugement fondé sur l’indifférence.
Le vrai amour chez Swann est éveillé par l’absence, une fois qu’il arrive chez les Verdurin après le départ d’Odette. Lorsqu’il entend la phrase de la sonate de Vinteuil, pendant la première grande soirée mondaine de La Recherche, chez Mme de Saint-Euverte, il comprend qu’Odette ne l’aimera plus. Toutefois, son amour et sa jalousie persistent, jusqu’à une mort tout aussi accidentelle et intellectuelle que leur naissance l’avait été.
La romancière de La Princesse de Clèves montre dans ce roman qu’il y a comme dans la vie,des impossibilités et des interdits qui dépassent la force humaine. Du fait, l’homme seraitobligé à respecter les contraintes dictées par la société et notamment par la classe sociale àlaquelle il appartient. Convaincue ou non, madame de Clèves doit fuir monsieur de Nemours qui essaie de lui dévoiler ses sentiments. Son “devoir” de femme mariée l’oblige à dissimuler les battements de son cœur envers une personne qui la poursuit partout en l’entourant d’une parfaite tendresse chaleureuse.
La princesse avoue son amour pour le duc de Nemours à son mari, et ainsi fait naître en celui-ci les flammes de la jalousie qui l’emmènera vers la mort. Dès lors, le roman prendra un mouvement qui semble être conduit par la fatalité. Cet amour qui, par de nombreuses situations, fait croire en coup de foudre romanesque, aura une fin tragique : afin de rester vertueuse, la princesse de Clèves, après s’être coupée du monde dans un couvent dans les Pyrénées, meurt de chagrin, quelques années après, de ne pas pouvoir vivre avec celui qu’elle aime. Ainsi elle montre que parfois la raison pourrait être plus forte que l’amour.
Tout compte fait, la comparaison de ces deux œuvres pourrait montrer aux lecteurs bien des points de divergences ou de convergences qui existeraient entre deux créations de différentes époques.
Chapitre I
La naissance de l’amour
« Ceux qui aiment et qui sont séparés peuvent vivre dans la douleur, mais ce n’est pas le désespoir: ils savent que l’amour existe. »
Albert Camus
Le roman, que ce soit d’amour ou de guerre, sentimental ou policier, populaire ou expérimental, fuit les définitions. Il invente ses règles. Il coule entre les doigts des créateurs du beau et déroute les gardes-frontières. À tel point que ces derniers ont refusé pendant longtemps d’accepter les romans dans le groupe sacré des belles-lettres, et dans le cercle de la littérature. Or, voici ce qu’écrit le romancier Furetière à l’article «Roman» de son dictionnaire :
«Maintenant il ne signifie que les livres fabuleux qui contiennent des Histoires d’amour et de Chevaleries, inventées pour divertir & occuper des fainéants.»1
Parmi tous les romans, les romans d’amour sont à la fois les plus appréciés et les plus pernicieux puisqu’ils prêchent aux jeunes gens – qui ont déjà tendance à le croire – que l’amour est la chose la plus importante de la vie. Mais, il est à savoir que cette sorte de roman représente l’amour, et son histoire est un perpétuel retour ; en d’autre terme, le roman d’amour n’est pas seulement un discours sur l’amour, c’est aussi la mise en scène d’une expérience de l’amour. Le discours peut s’enfermer dans les règles strictes et immuables de la rhétorique, l’expérience prend les couleurs toujours fraîches de l’unique, de la découverte et de la nouveauté.
Cette idée existe aussi que l’amour, c’est toujours pareil et identique en tout temps et en tout lieu : l’éternel masculin errant à la recherche de l’éternel féminin, la quête heureuse ou malheureuse de la moitié perdue chère à Aristophane dans Le Banquet de Platon.2 Mais qu’est-ce que vraiment l’amour ? Comment pourrions-nous définir le mystère de l’amour ? Pourquoi pas commencer par Odette, la défaite de Swann, dans le fameux Un amour de Swann, et passer ensuite à La Princesse de Clèves de Madame de Lafayette ?
Avant de passer à l’étude de ces deux romans, il est nécessaire de dire qu’on distingue différentes formes d’amour. Le sentiment amoureux qui nous fait aimer une personne pour ses qualités morales et son apparence physique n’est
pas de même nature que l’amour d’une mère pour son enfant. L’amour du prochain s’étend à toute l’humanité. L’amour-propre est l’estime que l’on a pour soi-même. L’amour mystique est celui que le croyant éprouve pour Dieu. Quelle est la forme de l’amour qu’on rencontre chez Proust et Mme de Lafayette ?
On peut distinguer différentes formes d’amour. Le sentiment amoureux qui nous fait aimer une personne pour ses qualités morales et son apparence physique n’est pas de même nature que l’amour d’une mère pour son enfant. L’amour du prochain s’étend à toute l’humanité. L’amour-propre est l’estime que l’on a pour soi-même. L’amour mystique est celui que le croyant éprouve pour Dieu.
Il convient de distinguer les illusions des sens et les illusions intellectuelles. Les premières ont une origine physiologique. Les secondes ont pour fondement les désirs et les passions.
Descartes appelle “passions” toutes les affections de l’âme résultant de l’action du corps sur celle-ci.
I- La naissance de l’amour dans Un amour de Swann
Le premier volet du cycle romanesque de Marcel Proust, À la recherche du temps perdu est intitulé Du côté de chez Swann, et est consacré aux souvenirs d’enfance du narrateur – personnage, très proche de l’auteur sans pourtant se confondre tout à fait avec lui. La partie centrale de ce premier temps de La Recherche, relate un épisode dont le protagoniste n’est pas le narrateur mais Swann, ami de la famille du narrateur.
L’histoire de Swann et d’Odette de Crécy, est une histoire d’amour, ou plutôt de jalousie, et est une occasion pour le romancier pour parler de lui à travers un autre personnage. Ce roman représente du moins l’amour tel que le concevait Marcel Proust. Toutes les situations d’amour, jalousie et méfiance qui entourent le couple Swann-Odette serviront comme une espèce de prélude à presque tous les rapports amoureux de la Recherche, notamment celui du protagoniste et d’Albertine.
Ce thème sera accompagné de scènes qui sont de vrais leitmotivs de la situation amoureuse-jalouse, comme celle de la “fenêtre éclairée” d’Odette, qui sera reprise dans La prisonnière, et lorsque le narrateur-héros aperçoit de la rue la fenêtre éclairée d’Albertine, signe à la fois de possession de l’aimée et de prison de l’amant. Néanmoins, cette scène fondatrice de Du côté de chez Swann avait été élaborée bien avant la composition de la Recherche.
Un Amour de Swann est un roman dans le roman. Il s’agit d’un récit qu’on peut comprendre sans connaître le reste de l’œuvre. Dans un sens, Un Amour de Swann, ne parle pas d’un souvenir vécu puis retrouvé. En plus, le récit n’est pas à la première mais à la troisième personne. Le narrateur raconte les événements qui ont eu lieu avant sa naissance. Tout de même, cette histoire a beaucoup de liens avec le reste de l’œuvre. D’un côté, le narrateur parle des ressemblances entre lui et Swann et de son intérêt pour lui. Puis l’amour que Swann éprouve pour Odette rend possible la continuité de la Recherche puisque leur fille Gilberte sera un des amours de Marcel dans la suite de l’œuvre et sa vie sera mêlée avec la vie du narrateur. Ce qui rattache Un amour à la Recherche ce sont les thèmes principaux de La recherche : le temps, la mémoire, la mémoire involontaire, le souvenir et l’oubli, le moi toujours changeant, l’art, la société et la peinture des mœurs, l’analyse psychologique de l’amour, surtout les intermittences du cœur. Il est donc possible de reconstruire la philosophie de Proust à partir de ce roman.
Un amour de Swann est, comme nous l’avons déjà dit, le roman de l’amour et de la jalousie. Dans ce roman, Proust a voulu décrire les différentes étapes, de la naissance à la mort, de l’amour d’un être, et préfigure ainsi La recherche toute entière. De cette manière, il est possible de distinguer la naissance de l’amour dans le cœur, le jeu de séduction, le passage à l’acte sexuel, la jalousie naissante, puis maladive, et enfin la disparition de l’amour. Donc, on peut dire que la relation entre Swann et Odette suit ce schéma précis.
Selon Proust les femmes sont les protagonistes et les moteurs de la vie mondaine. Dans Un Amour de Swann on suit le développement de son amour pour Odette, une cocotte, appartenant à la société bourgeoise, mais on rencontre aussi les femmes qui sont en fonction de la peinture des mœurs et servent d’un prétexte pour la critique de la vie mondaine de l’aristocratie, la bourgeoisie et les domestiques.
Le monde de la bourgeoisie est introduit à travers Mme Verdurin et son petit noyau. Proust, en parlant de ce clan dit que les femmes sont plus rebelles et qu’il est plus difficile pour elles de déposer leur curiosité mondaine. Alors toutes les fidèles du sexe féminin sont rejetées.
Quant à Odette, le texte donne des indications contradictoires : cette femme appartient presque au demi-monde, et est présentée à Swann comme « difficile ». Son portrait signale une « grande beauté », mais porte la marque de déception de Swann :
« […] Elle avait un profil trop accusé, la peau trop fragile […].»3
L’auteur s’attarde sur la description de la coiffure et des vêtements qui dissimulent le corps d’Odette, au point de le déformer et de le morceler. Voyons comment le romancier décrit Odette :
«[Odette]a l’air d’être composée de pièces différentes mal emmanchées les unes dans les autres. […]. »4
Ces descriptions nous font penser à une poupée ou à une figurine de mode. La représentation proposée est aussi trompeuse qu’incomplète, parce qu’elle efface un corps qui tient peu de place dans l’intérêt de Swann et suggère peut- être l’absence de personnalité. Femme du vêtement, Odette est aussi une femme de l’apparence.
Ces propos montrent aussi son peu de culture – elle ne connaît pas Vermeer de Delft5 : ce peintre hollandais (1632-1675), jusque-là méconnu, et dont l’existence reste très mystérieuse, fut redécouvert à la fin du XIXe siècle. Il occupe une place à part entière dans l’œuvre de Proust, qui fut l’un des premiers à célébrer ses toiles intimistes aux coloris subtils. En signe d’hommage, Proust fait mourir l’écrivain Bergotte devant la Vue de Delft qu’il jugeait « le plus beau tableau du monde». Attribuant à Swann une étude en cours sur Vermeer, Proust lui prête donc une des passions les plus vives. À part cela, Odette cherche à séduire.
Le lecteur constate rapidement qu’Odette a l’habitude des hommes. Elle a déjà été mariée à un noble : Pierre de Verjus, comte de Crécy, qu’elle a ruiné. Très jeune, à Nice et à Bade, elle a eu une sorte de notoriété galante qu’elle cache soigneusement. Au début, elle sent que Swann ne lui appartient pas encore. Elle a beau admirer son intelligence, vouloir être mêlée à ses travaux et jouer la petite phrase de Vinteuil au piano, Swann ne renonce pas à ses habitudes de célibataire. Proust montre ainsi le comportement de Swann au début envers Odette :
« […] Swann se disait que, s’il montrait à Odette (en consentant seulement à la retrouver après dîner) qu’il y avait des plaisirs qu’il préférait à celui d’être avec elle, le goût qu’elle ressentait pour lui ne connaîtrait pas de longtemps la satiété. […] ». 6
Proust s’attache à décrire avec rigueur le développement du sentiment amoureux. L’amour est le mot de loin le plus employé par lui dans son œuvre. Il veut donner avec Un amour de Swann, une prodigieuse analyse de la passion entre Odette et Swann. Le romancier va tout intégrer dans son œuvre pour en faire un développement de la passion chez l’homme. Il expose au lecteur les joies, les réjouissances et les souffrances qu’entraîne l’état amoureux. Suite aux études, on peut distinguer deux phases : la cristallisation et la jalousie.
I-1 La cristallisation
Il nous semble que les conceptions amoureuses de Stendhal et Proust convergent, malgré quelques différences essentielles. Pour Stendhal, ce n’est pas l’angoisse le moteur de l’amour, mais l’espoir. Selon Stendhal :
« Il suffit d’un très petit degré d’espérance pour causer la naissance de l’amour. »7
Cependant, des éléments comme la jalousie, la cristallisation et l’idéalisation de la femme aimée sont des points communs entre les deux écrivains. Dans son œuvre intitulée De l’amour, Stendhal met en relief deux idées qui sont présentées sous la forme frappante et nouvelle d’une comparaison avec un phénomène physico-chimique: la cristallisation, qui est considérée comme l’aptitude de l’esprit amoureux à parer en imagination l’être aimé de toutes les qualités. Il expose sa définition de la cristallisation amoureuse. Un homme rencontre une femme et est ébloui par sa beauté. Comment tombe-t-il alors amoureux ? Stendhal explique ainsi :
« La première cristallisation commence. On se plaît à orner de mille perfections une femme de l’amour de laquelle on est sûr ; on se détaille tout son bonheur avec une complaisance infinie. Cela se réduit à s’exagérer une propriété superbe, qui vient de nous tomber du ciel, que l’on ne connaît pas, et de la possession de laquelle on est assuré. Laissez travailler la tête d’un amant pendant vingt-quatre heures, et voici ce que vous trouverez. Aux mines de sel de Salzbourg, on jette dans les profondeurs abandonnées de la mine un rameau d’arbre effeuillé par l’hiver ; deux ou trois mois après, on le retire couvert de cristallisations brillantes : les plus petites branches, celles qui ne sont pas plus grosses que la patte d’une mésange, sont garnies d’une infinité de diamants mobiles et éblouissants ; on ne peut plus reconnaître le rameau primitif. Ce que j’appelle cristallisation, c’est l’opération de l’esprit, qui tire de tout ce qui se présente la découverte que l’objet aimé à de nouvelles perfections. » 8
Nous voyons qu’il emprunte la comparaison aux rameaux d’arbres plongés dans les mines de sel de Salzbourg. Pour mieux saisir les explications de Stendhal, nous allons étudier en détails les deux idées qu’il a présentées dans ses propos :
La première idée peut être expliquée ainsi qu’aimer, c’est doter de perfections. Nous avons vu que Stendhal prétend :
«Ce que j’appelle cristallisation, c’est l’opération de l’esprit qui tire de tout ce qui se présente la découverte que l’objet aimé a ce nouvelles perfections».9
La seconde idée revient à dire que l’attribution de ces perfections est due au travail de l’imagination. L’intérêt de l’analyse de Stendhal, c’est de montrer comment l’imagination joue à partir d’associations souvent fortuites, fruits de hasards et de coïncidences.
Alors, le travail de la passion crée une illusion, ou plutôt une auto-illusion (donc une mystification) de l’être aimé par l’amoureux : la femme réelle n’existe plus, seul existe l’être parfait pour l’amoureux. Stendhal affirme que l’amoureux crée son objet (la femme aimée) à partir d’une réalité, certes, mais d’une telle manière que la femme réelle est transfigurée par la passion. C’est aussi la cristallisation qui rend incommunicable la passion des autres : l’amour crée atour de l’aimé un halo que seul l’amoureux voit et comprend.
On peut ainsi résumer que grâce à la cristallisation, Stendhal a mis au jour ce grand mécanisme qui agite le cœur sans forcément que l’homme se contrôle lui-même. Telle est donc la fameuse cristallisation stendhalienne; un processus par lequel un être en lui-même insignifiant, banal et prosaïque, va se trouver magnifié à l’instar du rameau d’arbre effeuillé que les mineurs de Salzbourg jetaient dans la mine de sel pour le retrouver quelques mois plus tard «tout couvert de cristallisations brillantes».10
Toujours centré sur le travail de l’imagination, on peut ajouter que les travaux de la psychanalyse classique nous permettraient d’aller plus loin. En psychanalyse on parlera de fantasmes pour désigner de telles productions de l’imagination. Travail de l’imagination qui fait intervenir le mécanisme de projection, par lequel on met de soi-même dans autrui.
Ajoutons que pour Freud qui a parlé de la psychanalyse moderne, ces associations apparemment hasardeuses ont en fait leurs lois: ce sont celles des
mécanismes généraux de l’inconscient (condensation, déplacement) et elles renvoient toujours à des investissements affectifs – voire des blocages – infantiles.
Même après les constantes visitations de la cocotte, Swann ne cessait pas de sentir une certaine déception devant le visage d’Odette excessivement expressif et fané malgré sa jeunesse :
« […] et sans doute chacune d’elle [les visitations] renouvelait pour lui la déception qu’il éprouvait à se retrouver devant ce visage. » 11
Néanmoins, ce genre de beauté qui était si inintéressant à Swann est levé au statut artistique lorsqu’il il compare Odette à un personnage de Botticelli peint dans une fresque de la Chapelle Sixtine. La première Odette, ce “rameau primitif ” a été cristallisé et paré non par le sel des mines de Salzboug, mais par la peinture italienne.
Après cette association entre la femme réelle et la peinture, le corps d’Odette qui n’avait rien inspiré à Swann, devient l’original charnel de Zéphora, la fille de Jéthro, 12et ce n’est qu’à ce moment-là que Swann trouve une justification aux heures passées à son côté. Ces premiers défauts sont, finalement, surmontés par les qualités et l’importance de la peinture, ce qui fait que Swann actualise sa façon de regarder ce visage désagréable autrefois :
« […] Il n’estima plus le visage d’Odette selon la plus ou moins bonne qualité de ses joues et d’après la douceur purement carnée qu’il supposait devoir leur trouver en les touchant avec ses lèvres si jamais il osait l’embrasser, mais comme un écheveau de lignes subtiles et belles que ses regards dévidèrent, poursuivant la courbe de leur enroulement, rejoignant la cadence de la nuque à l’effusion des cheveux et à la flexion des paupières, comme en un portrait d’elle en lequel son type devenait intelligible et clair. […] »13
C’est cette idéalisation imaginaire de l’être aimé dans l’amour-passion qui explique la condamnation sévère qu’on en a faite. L’amour ne renverrait en fait qu’à une invention, une fièvre de l’imaginaire: erreur du passionné attaché à une passion artificielle parce qu’il aime un simulacre, un fantôme. De plus il ne serait qu’un amour narcissique de soi.
C’est aussi le processus de cristallisation qui permet d’expliquer l’incompréhension réciproque entre le passionné et le non passionné.
Lorsqu’Odette est présentée à Swann pour la première fois, celui-ci est déçu. À vrai dire, la déception de la rencontre apparaît comme une expérience fondamentale dans La recherche (le narrateur, lorsqu’il embrasse pour la première fois Albertine, éprouve une impression «détestable»). C’est que la déception est le moyen le plus radical pour congédier la réalité objective à laquelle on va substituer une réalité imaginaire. C’est elle qui permet la distance ou le recul qu’exige la compensation imaginaire.
Ainsi, Odette disparaît sous les images qui la transforment radicalement : la femme facile devient aux yeux de Swann femme mystérieuse, fleur rare : le catleya14, ou œuvre de peinture religieuse.
Stendhal fait une distinction entre l’amour-goût et l’amour- passion ; le premier est déterminé par une prédilection pour la beauté d’une femme, le deuxième la crée. Il prétend que l’amour-passion est le fruit de la cristallisation, de l’imagination créative, et l’amour-goût est propre aux âmes blasées qui



قیمت: تومان

دسته بندی : پایان نامه

دیدگاهتان را بنویسید